
Ca y est, il est enfin là , le MMORPG attendu si fébrilement depuis de longues années. Sans plus attendre, direction les contrées de Tyrie pour un petit tour du propriétaire afin de vérifier si ce fameux Guild Wars 2 arrivera à tenir ses promesses et à mettre tout le monde d’accord.
Chronologiquement, Guild Wars 2 ancre son histoire 250 ans après les faits relatés dans la dernière extension de son grand frère. Et en deux siècles et demi, pas mal de choses ont changé ; les dragons se sont réveillés provoquant des cataclysmes aux quatre coins du monde et les humains ont perdus leur suprématie mondiale, devant dorénavant composer avec les autres peuplades. De par ce fait, il sera dorénavant possible d’incarner une des cinq races dominantes, à savoir les Humains, les Norns, les Charrs, les Asuras ou les Sylvaris. A la création de son personnage, une certaine opacité règne : est-ce que les stats raciales sont différentes, quel bonus pour quel ethnie, ect… ? Autant de questions sans réelles réponses, on se contentera donc de choisir au feeling selon ses affinités ou non avec le chara-design. Après un passage par la case, très complète, de création de son avatar, on clôture cette phase créatrice avec la rédaction de son histoire personnelle. Par le biais de réponses à de petites questions simples, ArenaNet insère dans son titre un élément de roleplay qui apportera un petit passif scénaristique à notre héro. De plus, les réponses choisies impacteront sur l’histoire principale modifiant un tant soit peu les événements vécus. Plutôt bien vu pour la rejouabilité.
Libre comme l’event
Guild Wars 2 possède une seule quête réellement « imposée » ; celle liée à son histoire personnelle. Agréable à suivre, bien écrite, entièrement (et correctement) doublée en français, elle consiste en un enchaînement de missions amenant à parcourir diverses instances faisant avancer le scénario vers l’inexorable affrontement final contre le grand vilain dragon (ou pas… Je suppute vu que je n’ai pas assez avancé pour l’affirmer). C’est plutôt basique, mais diablement efficace. Hormis ça, le jeu brille par son absence de quêtes, en tout cas au sens usuel du terme. A la place, en flânant sur la carte du monde, il ne se passera pas cinq minutes sans qu’un message surgisse sur l’écran informant le joueur qu’un événement dynamique débute ou est en cours dans les parages. Et selon l’envie et le planning, on peut décider d’aller filer un coup de paluche ou non. Ce système de quête n’est pas contraignant pour un sou : pas besoin de valider un dialogue pour déclencher son commencement et pas besoin non plus de se taper des allers-retours fastidieux pour choper sa récompense. Tout le monde peut même venir participer librement à ces événements publics et chacun sera récompensé au prorata de sa participation par quelques piécettes envoyées par courrier.
Généralement ces événements dynamiques se déroulent en plusieurs étapes comme par exemple escorter un groupe de personnes à un point stratégique pour ensuite défendre cette position nouvellement acquise avant de mettre une sévère dérouillée à un boss bien vénère. Suivant la réussite, ou non, de ces quêtes publiques, l’environnement s’en trouvera changé. Si vous arrivez à déloger la vermine de leur campement, les gentils PNJ s’installeront dans le coin et ouvriront des boutiques… jusqu’au prochain assaut des vilains monstres. On pourrait par contre reprocher un certain manque de lisibilité de l’action lorsque plusieurs dizaines de personnes participent à ces raids. Quand tout le monde balance la sauce à coups de sorts de zone, de flèches explosives et autres joyeusetés, c’est plutôt le foutoir à l’écran.
Épées et tricots
Comme dans chaque MMORPG digne de ce nom, il faudra choisir dès le départ une classe. Guild Wars 2 en propose huit. Aucune n’est d’ailleurs vraiment cantonnée à un rôle particulier, comme c’est souvent le cas chez la concurrence. Rapidement, le joueur pourra jongler entre plusieurs sets d’armes, ce qui offre une certaine flexibilité en permettant de s’adapter rapidement à la situation du moment. Les armes équipées offrent quant à elles un panel de cinq skills. Les cinq autres compétences à choisir sont celles liées à la classe et se débloquent via des arbres de talents. Ajoutez à cela le système d’aptitudes, et vous comprendrez vite qu’une barre de dix skills ce n’est pas vraiment suffisant… Malgré tout, on arrive tant bien que mal à orienter son build en se spécialisant vers le style de jeu recherché. Mais arriver à un résultat correct nécessite du temps et de la patience. Une fois tout ça maîtrisé, croiser le fer est un réel plaisir. Les combats sont dynamiques, exigeants et nécessitent de rester constamment en mouvement tout en gérant sa jauge d’esquive.
Engranger de l’expérience se fait aussi de façon plus pacifique, notamment avec l’artisanat. Deux métiers peuvent être appris parmi une liste plutôt traditionnelle regroupant, entre autre, la forge d’amures lourdes, d’armes, de bijoux ou encore le travail du cuir. Mais avant de passer à l’enclume, il faudra partir fouiner un peu partout pour dénicher les ressources nécessaires. Bonne nouvelle, fini de rager parce qu’un pèquenaud pille tout un filon de cuivre sous votre nez, dans GW2 chaque joueur voit ses propres ressources instanciées. La récolte finie, direction les ateliers disséminées dans toute la Tyrie pour fabriquer des bidules : dagues, collier, sac ou même cheeseburger octroyant des bonus. Bien que le jeu fournisse quelques recettes de bases, pour élargir son savoir-faire il faudra beaucoup expérimenter à tâtons, pour arriver parfois à des résultats très surprenants…
Guild Wars 2 fait aussi la part belle à l’exploration, encore plus que dans les autres MMMPORPG (je suis désolé, ça s’écrit comme ça). Les décors sont beaux, malgré quelques défauts techniques comme une distance d’affichage parfois à la ramasse ou des textures pas toujours au top. Nonobstant ces petits défauts pas du tout rédhibitoires, GW2 est joli, d’autant plus qu’il est sublimé par une direction artistique à tomber. L’exploration en devient un réel plaisir, tant la gargantuesque map monde regorge de lieux variés mais gardant toujours une certaine cohérence. Mention spéciale pour la topographie des lieux s’étalant souvent sur plusieurs niveaux. C’est bien simple, en balade, on ne sait pas où donner de la tête tant il y a à faire avec, notamment, la recherche des points de panoramas et la résolution de jumping puzzles. Et avec les sublimes orchestrations musicales de Jeremy Soule (Skyrim, KOTOR, Baldur’s Gate : Dark Alliance, Morrowind, … bref un maître en la matière), la promenade en devient carrément magique.
Monde contre tous les mondes
Impossible de passer sous silence une autre composante riche du jeu qu’est le joueurs contre joueurs, parce que, oui dans la vie, il n’y a pas que le PvE. Ici, pas de PvP sauvage qui in fine fait plus perdre de temps qu’il n’amuse. Pour se taper sur la tronche, on voit les choses en grand ici, avec des joutes inter-serveurs. Trois serveurs s’affrontent en permanence sur une carte gigantesque avec pour objectifs de capturer et de conserver des points stratégiques, pour ultimement prendre d’assauts les forts ennemis. Ces combats s’avèrent tout simplement épiques vu qu’ils réunissent souvent des centaines de joueurs accompagnés d’armes de sièges tout aussi impressionnantes. Simplicité d’accès oblige, n’importe qui peut prendre part à la bataille vu que son personnage est automatiquement levelé au niveau 80 une fois au front. On peut néanmoins regretter que pour le moment certains serveurs dominent méchamment les autres. Néanmoins, le temps devrait permettre de rééquilibrer un peu le tout. Plus technique, il y a aussi le mode champ de bataille où deux équipes se tirent la bourre sur du capture/défense de position. Le succès du titre après à peine quelques jours de lancement ne m’a malheureusement pas permis d’essayer plus en profondeur tous les éléments du PvP, tant les maps sont bondées de monde engendrant des files d’attente interminables, surtout en soirée.
Vous l’aurez compris, si vous avez pris le temps de lire ce pavé : dans Guild Wars 2 le fun nous est servi sur un plateau doré. Le jeu supprime toutes les contraintes redondantes et souvent gonflantes du style pour ne nous proposer que le meilleur, quitte à ce que certains grincheux crient à la casualisation. Il y aurait encore tellement à dire (succès journaliers, points de téléportation, …), mais il faut aussi que je vous laisse le plaisir de la découverte, et puis je ne suis pas ici pour refaire la notice. Pour terminer, il est quand même utile de s’attarder un peu sur l’item shop. Le risque avec ce genre d’ajout dans les jeux, c’est qu’on se retrouve vite avec du pay-to-win aka passe à la caisse pour roxxxer du poney. Mais rassurez-vous, ArenaNet n’a pas cédé à l’appel du pied si tentant de l’argent facile. L’item shop se trouve être totalement optionnel d’autant plus que tout ce qui s’y trouve peut aussi être acheté avec les devises que l’on trouve dans le jeu.
Conclusion
Contenu extrêmement riche, direction artistique léchée, mécanismes de jeu rôdés quasi à la perfection et musiques sublimes ne sont que quelques unes des qualités de ce titre. Alors non, Guild Wars 2 n’est pas une révolution dans le monde du MMORPG, mais au final il se contente humblement d’être un excellent jeu. Un classique en passe de le devenir, oui, rien que ça.
[checklist]- Incroyablement riche
- Direction artistique soignée
- Entièrement doublé en français
- PvE varié, dynamique et prenant
- Adieu les quêtes…
- … et bonjour les événements dynamiques
- Pas d’abonnement
- MvMvM épique
- Bande-son sublime
- Lisibilité parfois limite
- Pas toujours clair dans ses mécanismes



























Apres la lecture de ce test, la vision de tous ces screen shot ( y aurait pas comme une porte des etoiles d’ailleurs?) et le jeu en lui meme que j ai pu voir grace a mon collegue, je pense bien qu y jouer serait vraiment top!
Très bon test comme d’habitude :) A force de me faire teaser (j’ai bien dit teaser et pas autre chose) par Maxence, j’ai fini par acheter le jeu et c’est vraiment sympa. On est juste un peu jeté dans le jeu sans explications ce qui fait que c’est un peu dur à prendre en mains … Sinon, j’aime bien l’aspect « dora l’exploratrice » qui te pousse à aller découvrir les différents points de vue des maps :D En tt cas le jeu n’est pas si facile que ça, se retrouver seul pour une quête dynamique est souvent synonyme de crever comme un vieux caca.
Je suis curieux de voir comment ça évolue une fois un peu plus haut level :) En tout cas, pour le prix et la rejouabilité je pense que ça vaut vraiment le coup d’acheter ce titre :)
Fonce polo tant qu’il y a des exemplaires en magasin :p
Tu me fais peur en parlant de « dora », y a babouche et cheeper qui tourne autour de toi? XD.
Voila,maintenant c’est toi aussi qui me pousse limite à l’acheter!
Non, non rassure-toi :D C’est juste que quand tu débarques dans une zone, il y a tout un tas de marqueurs sur la map t’indiquant des endroits spéciaux à visiter (quêtes, portails de téléportation, points de vue, défis spéciaux pour obtenir des points de skill … etc). Donc quand t’arrives dans une zone t’as envie d’aller checker tous ces points, ce qui fait que tu fais un dora l’exploratrice à la chasse aux endroits spéciaux ^^ En plus découvrir un endroit te donne de l’xp (et pas qu’un peu), et si tu découvres tous les points d’une zone tu reçois un coffre avec des objets rares et de l’xp :)