Test réalisé sur PC, avec le pad Xbox et un Vaio AW31M sous Win 7
Série d’abord apparue sur le Wiiware, les Bit.Trip débarquent maintenant sur tous les PC et sur la plateforme Steam. Cette série, dont tous les opus explorent à leur manière la façon de concevoir un jeu de rythmes (Bit.Trip Beat, Bit.Trip Core, Bit.Trip Void Bit.Trip Fate ou encore Bit.Trip Flux), a récemment été auréolée du titre de l’excellence en matière d’art visuel au fameux IGF (Independant Game Festival) grâce à la version Runner. PXLBBQ, toujours a l’affût des pépites ludiques, est donc parti à la découverte de ce titre au charme indéniable.
Un jeu trippant
Le principe de Bit.Trip Runner est somme toute assez simple : c’est un jeu de parcours « rythmé ». Vous ne contrôlez pas totalement votre héros, le fameux Commander!Video, mascotte de la série qui est atteint du syndrome de forrestgumpite : il ne peut s’empêcher de courir sans fin malgré tous les obstacles dispersés sur son chemin. Sa seule possibilité est de s’improviser yamakazi et de se faufiler à travers les 33 stages que compte le jeu (plus 3 face à un boss).
Jusque-là, on peut se demander ce que le joueur vient foutre dans l’histoire et surtout quelle peut être son implication. Encore une fois, elle est simple : il faudra être très attentif et savoir tenir le rythme imposé par Commander!Video. Glisser, sauter, bloquer, frapper et se catapulter, voilà les 5 mouvements qu’il faudra maîtriser pour arriver au bout de l’aventure.
5 ? Que ça ? Mais ça doit être d’un soporifique… Et bien, non. Que du contraire. Car le jeu est très challenging, pour ne pas dire parfois horriblement sadique et difficile, surtout les 3 derniers niveaux qui sont purement machiavéliques sous leurs airs mignons (et ce dès le mode normal, n’évoquons même pas le hard). Mais aussi étonnant que cela puisse paraître, on y prend beaucoup de plaisir. Les niveaux sont courts et on a vraiment envie de s’améliorer pour réussir le parcours parfait.
Car oui, le développeur Gaijin Games veut que vous appreniez votre partition par cœur ! On se croirait presque revenu au solfège. Pas de checkpoints, l’échec est intransigeant et la sanction maximale puisqu’il faudra tout se retaper (ce qui est parfois très (trop) poussif). Et là on commence à retomber dans le côté rythmique des Bit.Trip : au-delà d’arriver au bout, l’essentiel sera de réussir le récital parfait, sans une fausse note (« bêtement » passer un niveau est bien sûr possible), donc de tenir le rythme. Car chaque action réalisée par Commander!Video créera un son qui viendra étoffer la piste musicale lancée dès le début d’un niveau. Cette astuce est vraiment magnifique puisque la musique dépend de vos performances, varie quelque peu selon chaque joueur et interagit avec vos actions réalisées au fil du niveau (même si certaines sont imposées). Et il est important de se repérer grâce à la musique pour savoir tenir le rythme des doigts sur le paddle.
De ce fait, tout est lié et c’est un grand tour de force réalisé par les développeurs : le son interagit avec le gameplay qui interagit avec le visuel qui interagit avec le son pour boucler la boucle. C’est bien en cela que Bit.Trip Runner est bien plus qu’un jeu de plate-forme à scrolling horizontal automatique. Le côté plate-forme n’est qu’une énième manière d’explorer le son et de développer un jeu rythmique trippant et captivant. D’ailleurs, le gameplay et la maniabilité sont d’une précision chirurgicale, un plus qui devient parfois handicapant tant il n’y a aucune tolérance : une action est une action, elle se fera toujours précisément, donc il faudra être d’une précision maladive pour enclencher chaque mouvement du personnage.
Run Commander, Run
Comme je viens de le souligner, le joueur peut aussi changer le visuel selon sa manière de jouer. Une réalisation simple mais si particulière et artistique qu’elle frappe immédiatement la rétine et la flatte. C’est très coloré, animé et recherché. Autant de complexité dans la simplicité la plus extrême laisse assez admiratif. Et le plus important pour un jeu de rythme/parcours : il est très fluide. Cependant, je ne saurais trop conseiller de jouer sur un TV ou un écran d’au moins 19 pouces voir 21, simplement pour une question de clarté et de suivi de la vitesse de l’action.
La somme de petits détails qui vient égayer l’odyssée de Commander!Video apporte énormément de dynamisme et de pétillant. La partie visuelle n’est pas tellement différente de la bande son : un décor de base, typique pour chacune des 3 zones du jeu, qui change et s’anime en fonction des actions du joueur et des bonus ramassés. Apparaît alors des jets de pixels, de nouvelles couleurs, de nouveaux effets visuels qui alimentent la magie distillée par Bit.Trip Runner.
Enfin, en étant attentif, on peut déceler le soin quasiment maniaque apporté au level design. L’équipe de développement ne s’est pas du tout contentée de poser plein d’obstacles et dénivelés uniquement dans le but de piéger le joueur. Chaque parcours est en fait la reconstitution visuelle de la piste audio. Chaque élément du décor équivaut à un moment particulier de la bande sonore. De ce point de vue, on ne peut qu’être admiratif du travail d’orfèvre de l’équipe de Gaijin Games. D’où à nouveau l’importance d’être à l’écoute pour mieux jouer et profiter pleinement de l’expérience.
Pour conclure, un mot sur la durée de vie, certes une question moins problématique pour les jeux indie dématérialisés mais tout de même essentielle pour certains joueurs : Bit.Trip Runner fait partie du haut du panier. Personnellement, j’en suis à 6 heures de jeu. Cependant, cette durée de vie dépend grandement du joueur. Le king des kings of the world pourra arriver au bout de l’aventure en 1h30 (bon courage). Mais le jeu à un autre atout dans sa manche : là où la grande majorité des « petits jeux » ont une rejouabilité quasi nulle, celle de Bit.Trip Runner est bel et bien élevée. Obtenir tous les succès Steam (donc tous les bonus et défis du jeu) va demander patience et un skill à toute épreuve. N’hésitez pas à garder du Valium, Xanax ou autres à portée de main et faite du yoga pour éviter tout pétage de plombs et accident de manette. Le jeu en vaut la chandelle…








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