
Le marché des MMORPG free-to-play est particulièrement chaotique et sursaturé en titres depuis quelques années. Si bien que les joueurs ne savent plus trop où donner de la tête entre pétards mouillés et pâles copies de blockbusters. Alors quand une nouvelle licence meuporgienne pointe le bout de son nez avec des idées novatrices et rafraichissantes, c’est plein d’espoir que l’on télécharge le client pour s’essayer à la bêta fermée.
Avouons-le directement, une pointe d’appréhension était présente au moment de l’installation de RaiderZ. Combien de MMO free-to-play ont des moteurs graphiques obsolètes, des mécaniques de gameplay usées jusqu’à l’écÅ“urement et un intérêt au final proche du néant ? Beaucoup trop… Heureusement, tous ces préjugés ont été balayés nonchalamment un par un d’un revers de la main une fois le jeu lancé. C’est que le bougre s’avère au premier abord plutôt joli, toute proportion gardée avec son statut de F2P. Les textures un peu grossières sont contrebalancées par un level design agréable couplé à des effets climatiques et à un cycle jour/nuit rendant la balade attrayante. Les plus grincheux pourraient cependant lui reprocher un univers heroic fantasy un brin trop classique, mais bon, ses différences faisant sa force sont ailleurs.
Ne me clique pas
Oubliez l’époque où il fallait cliquer sur un ennemi au loin pour le cibler automatiquement ; sur RaiderZ la visée est en mode manuel. Il est donc nécessaire de garder à tout bout de champ l’adversaire à portée et dans son viseur sous peine de tout simplement frapper à côté. Avoir opté pour ce système de combats, déjà vu dans Tera, apporte un côté très dynamique aux batailles. Ajoutez à cela un système d’esquives géré par une barre d’énergie, et vous comprendrez que sur le champ de bataille, il faudra être constamment en mouvement sous peine de se manger une méchante déculottée.
Mais là où la quintessence du champ de bataille est atteinte, c’est lors des confrontations avec les boss ; impressionnants de par leur taille et leur force. Courir, esquiver, se placer correctement, atteindre leurs points faibles et se soigner obligeront le joueur à rester sur le qui-vive jusqu’au dernier souffle de la grosse bête. Définitivement, étriper du boss est une des meilleures activités que propose le titre, mais aussi une des plus risquées, à la moindre erreur la situation tourne à la catastrophe en une demi seconde. Chacune de vos rencontres avec ces adversaires imposants et difficiles sera entrecoupée de quêtes en tout genre permettant d’accéder à leurs tanières. Malheureusement, de ce côté-là RaiderZ fait dans le classique. Vous ne couperez pas aux collectes de cinq peaux d’ours à ramener aux péquenauds du coin. Bien que ces quêtes mettent en place un semblant de background scénaristique, elles restent néanmoins trop linéaires et peinent à intéresser. Ce qui n’est pas un gros défaut en soi, vu que l’intérêt du titre est dans l’action.
Outre l’aspect ludique que représente la chasse aux très gros monstres, sachez que celle-ci sera aussi le seul moyen de s’équiper décemment. L’artisanat étant une autre pierre angulaire de RaiderZ. Ici, aucun ours n’aura d’armure lourde dans le bide. Non, la seule denrée récupérable sur un ennemi mort sera du matériel utile pour l’artisanat. Et plus le bestiaux mis à mort est puissant, plus les matériaux récoltés seront rares et permettront de se concocter une armure épique qui en jette méchamment. D’ailleurs, faire une arme, un collier ou une paire de bottes est plutôt intuitif. Chaque recette explicite clairement où trouver les ingrédients nécessaires et sur quel monstre. Il est aussi possible d’afficher un mémo qui nous avertit une fois qu’on a réussi à tout récolter ; un petit truc qui facilite grandement la tâche.
Des classes couteaux suisses
Enfin, un des derniers grands atouts de RaiderZ concerne son système de classe, ou plutôt de non classe. Lors de la création de son personnage, il faudra opter pour un des quatre archétypes de base que sont le defender, le cleric, le sorcerer et le berserker. Toutefois, ce choix n’obligera nullement le joueur à rester enfermé dans un rôle type prédéfini comme c’est souvent le cas dans la majorité des MMORPG. En effet, dès le niveau 10, il sera possible d’aller piocher des compétences dans les arbres de talents de chacune des quatre classes présentes. Et c’est là que la personnalisation du build de son héro prend toute son ampleur. Toutes les folies seront permises : tank ayant des capacités de soin, mage maîtrisant le combat au corps à corps, ect…
Avec un peu d’imagination et de réflexion, il est tout à fait possible de créer une classe hybride viable et sortant du lot. On peut quand même regretter que les développeurs n’aient pas poussé leur folie de la customisation du héro plus loin, car une seule et unique race est jouable pour le moment. Heureusement, l’outil de création de son avatar est plutôt complet et permet de ne pas se trimballer une gueule trop générique.
Conclusion
Si nous avons correctement fait notre travail, vous aurez compris sans peine que Raiderz a su nous séduire de fort belle manière, essentiellement grâce à son système de combat dynamique, à ses batailles spectaculaires contre les boss et à la possibilité de mixer les différentes compétences de son héro à sa guise. Reste pour l’heure deux inconnues de taille : est-ce que le contenu end-game sera suffisant pour tenir le joueur en haleine et qu’en sera-t-il du modèle économique finale que prendra le free-to-play ?














