Après avoir remis au goût du jour La Colline à des Yeux de Wes Craven, et orchestré Mirrors en partant d’un script Coréen totalement laissé de côté au final, Alexandre Aja s’est attaqué au remake du Piranha de Joe Dante. Alors, à croquer, ou à vomir ?
Piranha 3D, un film de série B, Z, et X
Je ne savais pas trop par quoi commencer cette critique, je vais donc m’abaisser au même niveau que ce film, et vous montrer l’essence même des quarante premières minutes.
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Et nous voilà plongés en plein Spring Break, LE moment de l’année où les étudiants Américains démontrent à la Terre entière qu’ils sont clairement les plus évolués et de loin sur les gros bonnets et la techno sans saveur (pléonasme). Cette jeune bande de trous du cul chers au sketch de Bigard est donc au rendez-vous et ne vous décevra pas le moins du monde lors de la confrontation avec ces fameux piranhas. Oui, j’ai bien dit « la ». Et c’est bien là le premier gros soucis du film d’Alexandre Aja, entre autres.
Je suis la Shérif
Et pourtant, les premières minutes du films sont relativement sympathiques, avec une référence de taille aux films du genre pour les cinéphiles en herbe que vous êtes sûrement autant que moi. En effet, on retrouve un Matt Hooper (Richard Dreyfuss) tout droit sorti des Dents de la Mer de Spielberg loin de son rôle de héro et plus proche de la première victime présente au mauvais endroit et au mauvais moment. Tranquillement en train de pêcher, ce bon vieux Matt « au revoir et adieu jolie fille madrilène » se retrouve au-dessus d’une faille sous-marine sensible aux tremblements de terre et libérant de ce fait des piranhas vieux de plusieurs millions d’années, les originaux, les plus méchants, les plus dentés, les plus… enfin vous avez compris. Ce n’est qu’après ces cinq premières minutes à peine qu’on verra débarquer les décérébrés du nouveau monde, censé nous faire patienter pendant une petite demie-heure avant d’en savoir plus sur ces foutus bestioles. Oui. Vous l’avez compris, sur cette première partie du film on s’embête pas mal, jusqu’à la scène qui a faillit me faire quitter la salle avant la fin de cette horreur : un ballet aquatique avec deux naïades refaites de partout sur une musique classique des plus chatoyantes. Trop de nibards tue le nibards. C’est ce qui arrive quand un réalisateur peut en filmer un peu trop… on touche le fond.
N’entrez pas c’est une vraie boucherie
Soyons francs, on ne va pas voir ce genre de film pour discuter philosophie. Malgré tout on aurait peut-être aimé que la référence aux Dents de la Mer s’arrête à la simple apparition de Hooper. Ici, c’est de la pure copie, avec un peu de cul en plus. Nous voici donc face à une mère de famille, Shérif, dont le fils se retrouve en pleine mer entouré de piranhas, et qui, seule contre tous à cause des intérêts financiers de cette pleine saison, souhaite fermer le lac pour éviter le bain de sang. Ça vous rappelle quelque chose ? Mais ne soyons pas si mauvaises langues, car le premier Piranha était lui-même très inspiré de la franchise Spielbergienne, ce qui offre à ce remake un argument de taille : il respecte l’original !
Je suis la gentille
Oui mais voilà, passé cette première grosse moitié de film on ne peut qu’être ravis, malgré tout, de s’éloigner de la niaiserie pour voir arriver les scènes d’attaques tant attendues. Et là, ça y va, ça charcute, ça mord, en meute et en masse. Les jeunes trous du cul du film se font bouffer et on se range complètement du côté des piranhas ! C’est jouissif, tout simplement. Et c’est là que le « talent » d’Alexandre Aja entre en scène, car c’est presque aussi malsain qu’un Brain Dead de Jackson (j’ai dis presque). En gros plan et sous tous les angles vous aurez droit à une vraie boucherie au sens le plus noble du terme. Des yeux arrachés et mangés devant vos yeux, des rescapés coupés en deux, les os à l’air, des décapitations entre deux coques de bateaux, et même une formidable scène de « Hoooo t’as tes cheveux bloqués dans mon hélice ? Attend, je vais insister… » et le mal de crane qui s’en suit. Les effets spéciaux sont réellement convaincants. Un conseil : n’y amenez pas vos enfants. La violence de ces scènes est telle que l’interdiction de ce Piranha 3D aux moins de 12 ans est une pure aberration et devrait être revue à la hausse ! Ça gicle, ça crie, entre deux références, pendant un bon quart d’heure après s’être embêté quarante minutes, et le tout en 3D. Une D supplémentaire qui n’apporte d’ailleurs pas grand chose au final, sauf si vous bandez à l’idée de voir une jolie fille vous vomir dessus ou une bite se faire croquer par deux poissons. Trop timide, puis trop exagérée, on comprend vite qu’elle a surtout été ajoutée en post-prod et pensée à la va-vite en surfant sur la mode du moment et du dieu Avatar. Le film aurait peut-être même gagné à ne rester qu’en 2D, et se serait ainsi, peut-être, passé des plans inutiles que vous ai listé avant.
Alors au final, que retenir de ce Piranha 3D ? Et bien regardez la gueule de cette critique et vous comprendrez qu’à part quelques instants vous ne prendrez probablement pas votre pied autant qu’espéré devant, sauf si vous aimez la techno et les stars du porno qui se trémoussent pour rien pendant la moitié de ce faux remake. C’est sympa, un film pop-corn à souhait mais qui saoule vite, trop vite, un remake qui remake sans faire plus, gratifié en plus d’une 3D bas de gamme. Reste que revoir Christopher « Doc » Lloyd en savant fou est un petit plaisir qu’on ne boude pas (surtout aux côtés de Elisabeth Shue, jouant ici la mère Shérif, et Jennifer dans Retour vers le Futur), que Jerry O’Connel en vicieux réalisateur de X drogué et imperturbable, inébranlable même, fait de lui le personnage le plus attachant du film, et que la scène de carnage, trop attendue, ne déçoit pas du tout une fois arrivée. Malgré tout le film ne sait pas vraiment où se placer, entre sérieux et second degré, érotique ou aquariophile, on sent qu’Alexandre Aja a voulu faire une œuvre du genre sans trop se poser de questions non plus, et on en perd aussi notre latin. Demandez à ne voir que la seconde partie, en 2D, pour 3€, et vous serez moins déçus. Du coup je vous spoile la fin : il y aura une suite…
Rating: 60%








