Critique: Front Mission Dog Life & Dog Style

Front_mission_04

Front mission

 

En marge d’un E3 plein à craquer de conférences et autres trailers en tous genres, quoi de mieux qu’un petit conseil de lecture lors d’une attente entre deux annonces, deux interventions de développeurs fiers de vous présenter son nouveau jeu plein à craquer de QTE, aim-assist et autres scripts à la pelle. Et puis tiens, vu que l’heure est au jeu de guerre,  autant traiter d’un manga sur la guerre, Front Mission Dog Life & Dog Style. Comme ça on ne pourra pas me taxer de ne pas être raccord avec la mode du moment.

 

Je suis encore plus raccord vu que Front Mission est l’adaptation en Manga d’une célèbre franchise de tactical-rpg, jeu vidéo sorti pour la plupart uniquement au japon. Seul le troisième opus aura eu la chance de parvenir jusqu’à chez nous (2000 sur playstation première du nom) ainsi qu’un ignoble épisode en 2010.

Front Mission  Dog Life & Dog  Style est un  manga sorti cette année en France, trois volumes sont parus à l’heure où je vous parle et la série semble continuer au Japon. Elle est distribuée en France par les éditions Ki-Oon, maison d’édition responsable en France entre autre de Crimson Prince, Tales of Legendia, Jusqu’à ce que la mort nous sépare et bien d’autres. Cette série est l’œuvre de deux personnes, Yasuo Otagaki au scénario et C.H.Line au dessin. Le premier à déjà œuvré dans le manga sur la série Moonlight Mile tandis que le second semble faire ses premières armes sur cette série.

 

 

Voilà bientôt vingt ans que l’ile d’Huffman est sous le coup d’un cessez-le-feu fragile entre deux grandes superpuissances mondiales. La tension monte depuis quelques années et l’affrontement entre les deux belligérants semblent inévitable. Le manga prend place alors que le jeune journaliste Akira Matsuda vient de récupérer un poste sur cette ile pour le compte de la télévision japonaise.

Le conflit importe peu. Même si celui-ci s’inscrit dans la chronologie des jeux, il n’est pas important dans le manga. L’essence même de ce manga est l’humain. En effet, alors que l’on était en droit de s’attendre à une énième mauvaise adaptation en manga, celui-ci surprend en prenant une direction totalement opposée. C’est à travers l’individu, la relation et la mort que le manga s’attardera. Vous aurez donc votre lot de morts, de traumatismes et mutilations en tous genres. Tout ça en abordant à chaque fois le regard d’un individu lambda au sein d’une guerre. Vous aurez bien quelques passages avec des soldats mais jamais dans la mouvance guerrière, toujours personnelle. C’est en cela que ce manga justifie son statut de Seinen (manga plus adulte que la moyenne si je dois schématiser grossièrement), la violence est présente, les propos sont lourds de sens et la mort n’est jamais loin. À l’heure où les guerres se voient de plus en plus représentées comme quelque chose de tendance à la limite du « cool », il est appréciable de voir une œuvre traiter le sujet dans toute sa cruauté.

Extrait

S’ajoute à cela une excellente maîtrise au niveau du dessin, que ce soit au niveau des décors, toujours très froid ou bien des personnages, du journaliste à la femme qui vend son corps pour survivre (troquant une atrocité pour une autre sous une forme différente). Le scénario n’est pas en reste, l’enjeu narratif est présent mais plutôt que de viser sa résolution, le scénariste joue sur l’idée de survie en vue de voir cette guerre se terminer.

Un excellent manga donc, qui, même sans révolutionner le genre, apporte une bouffée d’air frais appréciable. Une œuvre que je ne peux que vous conseiller chaudement, une de celle qui fait réfléchir une fois qu’on la terminée.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


9 × = cinquante quatre

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>