Critique Ciné | The Social Network

Xavier 22 octobre 2010 0
Vu l’orientation adoptée par PXLBBQ, il y a bien un film de cette fin d’année qu’on ne pouvait manquer sous aucun prétexte, et ce pour plusieurs raisons : son sujet potentiel, son réalisateur, l’attente/buzz qu’il a suscité et plus si affinité. Ce long métrage, c’est bien sûr The de maître (je peux vous faire sa filmographie de référence mais alors c’est simple, je vais mettre tous ses films ; pour le cas présent, retenez Zodiac et Fight Club). Est donc arrivé le moment de le faire passer sur le grill de pixel pour voir ce qu’il en retourne d’un des évènements ciné de 2010…

Film pour geek ou entrepreneur/créatif ?

Pour ceux évitant sciemment toute vie (a)sociale sur le web, un petit récap’ du pchit du film : nous proposer de vivre, des prémisses jusqu’à l’apothéose, la naissance du plus gros réseau social du monde (), et ce en suivant simplement les péripéties de son créateur  (Mark Zuckerberg), faites de rencontres plus ou moins fructueuses.

A première vue, on pourrait se trouver en face d’un film de geeks, programmeurs, matheux, et c’est effectivement le cas le… premier quart d’heure du film, en gros. Quart d’heure qui permet de poser le décor et surtout le caractère bien trempé du protagoniste principal, interprété avec punch et justesse par Jesse Eisenberg. Pour vous donner une idée, The Social Network est autant un film sur la programmation et les ordinateurs (et non l’informatique, car c’est un film sur « l’informatique » justement) que Will Hunting est un film sur les maths et le MIT. Car la sauce Finchérienne ne va pas tarder à reprendre le dessus, sans oublier pour autant les origines du film. Pour de nouveau faire référence à d’autres exemples, ce nouveau long métrage du réalisateur américain peut être vu comme le (bon) mix entre deux de ses œuvres passées : Fight Club et Zodiac. En tout cas, tel fut mon sentiment. Il emprunte au premier sa verve, son ton, sa pêche, ses répliques si juste et si bien envoyées, ainsi que sa manière de traiter la vision du monde dépeint durant les deux heures de visionnage. Au deuxième est emprunté la trame, le traitement de l’histoire, puisque, comme Zodiac, The Social Network propose de narrer une histoire « véridique » durant un laps de temps donné pour aboutir sur une fin qui n’en est pas une (ce n’est pas spécialement spoiler que de le dévoiler). Et ce qui est raconté et décortiqué au fil des séquences, au-delà de l’aspect socio-économico-techno-estudiantin et de la du monde très actuel, c’est finalement le cheminement d’un cas d’entrepreunariat et de processus créatif presque « scolaire » (entendre par-là que le film pourrait être un cours sur l’entrepreunariat à lui tout seul). Mais n’ayez pas peur, c’est très loin d’être aussi barbant qu’un cours ex cathedra ! Que du contraire en fait, tout est savoureux.

A bouffer comme on boufferait des lignes de code

La grande force du nouveau Fincher, c’est que tout le monde va s’y retrouver ! Le geek fan de techno et d’IT, le cinéphile à la recherche d’une histoire aux petits oignons jonchée de répliques et dialogues bien travaillés, le fameux économiste-entrepreneur-créatif, ou même le simple utilisateur lambda du site Facebook, que l’on soit jeune ou non. Ce film est tellement dense, tellement bien fait, que toutes ses facettes en deviennent intéressantes et tout de même compréhensibles de tous, initiés ou non. Dans un certain sens, on s’approche de la prouesse réalisée en son temps par Wall Street.

Je vais d’ailleurs finir ce papier sur les dialogues en eux-mêmes. D’abord, je tiens à rassurer les fans de VO qui ne jurent que par elle et qui ont souvent du mal à encaisser les VF : celle de The Social Network fait partie de la bonne moitié du panier, ce qui est plutôt appréciable tant les dialogues et les scènes de parlote sont importants. Quant au contenu et sa forme proprement dits, c’est speed et dense. Mais quand je dis speed, c’est speed. Tout speede, y compris les dialogues. Ce qui, in fine, s’avère aussi d’une justesse bienvenue quand on recadre les actions et scènes du film dans le contexte où elles se passent. Et c’est l’acteur principal lui-même (et son doubleur FR, pour le coup) qui donne directement cette sensation que tout se produit à vitesse VV’. Encore une fois, le quart d’heure d’introduction donne magnifiquement le ton et le rythme du film, tout en posant admirablement le rôle de chaque personnage qui, chacun à leur manière, apporteront leur pierre à l’édifice. Car oui, le nouveau Fincher est déjà ce qu’on pourrait appeler un monument, à la fois de sa propre filmographie mais aussi du cinéma en général.

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